La seconde guerre mondiale vue de la Réunion

 

La Réunion dans la guerre

 

Message Un résumé de l'Article de "Charlemagne" le Jeu 31 Aoû 2006, 4:12 pm sur le site : forumactif.com

 

La Réunion ne représentait pas un grand intéret stratégique d'un point de vue militaire pour les alliés : les alliés dans cette zone disposait d'une base sur l'île Maurice (colonie britannique). 
La Réunion est une île en grande partie dépendente des importations. Son industrie ressemble plus à de l'artisanat. L'agriculture est surtout concentré sur le domaine de la canne à sucre qui est en grosse partie exporté. Le ravitaillement envoyé de la métropole est donc cruciale. Lorsque la guerre éclate, les navires de ravitaillement sont réquisitionné par l'armée et La Réunion est totalement isolé. Il est trés possible que ce problême est une des principales cause du ratachement de la Réunion à Vichy. En effet en 1940, seul Vichy pouvait assurer la restauration d'un ravitaillement minimum, chose que De Gaulle et les FFL ne pouvaient absolument pas faire à cette époque.

La Réunion, la vie sous Vichy

En Juin 1940, l'effondrement militaire français provoque la stupeur à la Réunion. L'île est mal informé: le 19, Radio-Maurice diffuse l'appel du général De Gaulle, mais la Réunion dispose de moins de 800 poste de T.S.F.; la nouvelle de l'armistice arrive le 23, sans que les clauses soient connues.
Le gouverneur Pierre-Emile Aubert reçoit nombre de messages lui demandant de continuer la lutte. Une campagne de pétitions se développe dans le même but, campagne que le 26 le gouverneur demande aux gendarmes de faire cesser.
A la Réunion, l'attitude face à la guerre ne relève pas du choix de la population, mais d'une décision du gouverneur. Le 29 juin, Aubert réunit les principaux notables de la colonie et leur impose l'obéissance au gouvernement du maréchal Pétain.

La Révolution Nationale est mise en place. Les pouvoirs publics sont réorganisés à partir d'Octobre 1940: le Conseil Général est remplacé par une commission dont les membres sont nommés; le gouverneur désignent maires et conseillers municipaux.
Dès Août 1940, la Légion des combattants et volontaires regroupe d'office les anciens combattants de 1914-1918; les jeunes qui adhèrent à la Garde du Maréchal sont en revanche volontaires, de même que les membres du Comité de propagande Pétain. Lors de grandes cérémonies, Jean-Jacques Pillet, chef du cabinet du gouverneur, mobilise la jeunesse: écoliers habitués aux levées des couleurs et au chants maréchalistes, scouts, sportifs. Dans nombres de localités, le nom du maréchal est donné à des places ou à des rues: ainsi, à Saint Denis, le Barachois devient l'Esplanade du Maréchal Pétain.
La propagande officielle s'appuie sur la radio. Elle s'exprime aussi par des conférences et des films à la gloire du maréchal. Cette propagande est relayé dans la presse locale : lancé en novembre 1940, l'hebdomadaire pétainiste Chantecler bénificie de l'aide financière des pouvoirs publics.
A la Réunion comme ailleurs souvent, l'Eglise soutient le régime; elle fait sienne l'idéologie pétainiste et rapelle les fidèles à l'obéissance envers les autorités

Comme en métropole, la Résistance a ses boucs émissaires : 6 enseignants francs-maçons sont révoqués; les biens des francs maçons sont saisi, 33 "étrangers" (en fait, des français dont le père est étranger) sont exclus de l'administrations et quelques Mauriciens, Indiens et Chinois non naturalisés sont expulsés vers Maurice, le gouverneur s'oppose à la naturalisation des réunionnais musulmans, la cellule communiste du Port  est surveillée; le journal Servir qui prône une collaboration "sans vergogne" ouvre en Juillet 1941 un registre des volontaires contre le communisme ! ...
Pour mieux défendre, le régime surveille la population par de nombreuse enquêtes de police, l'ouverture du courrier, l'encouragement à la délation. Les autorités cherchent à isoler la Réunion de l'étranger. Dans une île où l'on traque "l'anglophilie maladive" l'écoute de la radio mauricienne est interdite en 1941.

La Réunion, une île dans la guerre

Dans une île située à l'écart des combats, l'expression du mécontentement face aux difficultés du quotidien où la propagation de rumeurs souvent fantaisistes ne relèvent que de l'imprudence.
Quelques fortes personnalités osent pourtant des actions isolées: lettres au gouverneur, apposition d'affiches , inscriptions de graffitis, distributions de tracts,
dépôt de fleur au monument de la Victoire de Saint Denis le 11 Novembre 1942, port en insignes de croix de Lorraine :
Résultat de recherche d'images pour
 
Disposant d'un émetteur, le prince Vinh-San (ex-empereur d'annam, il est éxilé à la Réunion depuis 1916) contacte des radios étrangères. Quelques sabotages sont signalés: destruction de lignes téléphoniques et même de ... plantation de ricin (???) ...

A l'époque du gouverneur pétainiste Aubert, trés peu de Réunionnais quittent l'île pour participer à la guerre; le plus connu est Maurice Samat qui le 28 Octobre 1940, part en goélette pour Maurice, puis s'engage dans la Royal Air Force.

La Réunion libérée

Aprés le débarquement britannique du 5 mai 1942 à Madagascar, la Réunion s'attend à une attaque. Suite à de fausse information, Saint Denis est évacué le 8 mai. Le 27 Septembre, la ville est déclaré ville ouverte.
Venu de Maurice,le Léopard, un contre torpilleur des FNFL arrive devant Saint Denis dans la nuit du 27 au 28 Novembre 1942. Entre 4 heure 30 et 5 heure, 80 fusiliers-marins en débarquent; sans rencontrer de résistance, ils s'emparent du palais du gouverneur de la Réunion, de la gendarmerie, de Radio-Réunion, de la banque et de la gare. A 8 heure 45, le nouveau gouverneur de la Réunion nommé par De Gaulle, André Capagorry, débarque.
Les combats se produisent au Port : Au matin du 28 novembre, des manifestants communistes et syndicalistes s'emparent de la ville et emprisonnent le maire Pétainiste. Dans l'aprés-midi, le Léopard tire sur la batterie côtière; après avoir quitté la batterie, ses défenseurs se heurtent aux manifestants qui tiennent la ville.
Depuis le 6 Octobre, l'ancien gouverneur Aubert est retiré à Hell-bourg (village situé dans les montagnes au centre de l'ile). Devant la menace d'un bombardement d'usines sucrières qui appartiennent à des pétainistes notoires, il se rend le 30 Novembre.

Le choix d'Aubert de se réfugier à Hell-bourg n'est pas complêtement dépourvu de fondement puisqu'il sait que Vichy n'enverra pas de renfort dans des délais aussi court encore moins aprés la chute de Madagascar. Avec les maigres forces dont dispose le gouverneur, la seule stratégie possible est de se réfugier au centre de l'ile afin de tenir le plus longtemps possible. Le choix d'Hell-bourg est cependant assez bizarre puisque le village est encerclé par les montagnes quasi impraticable : difficile d'y accéder mais aussi de s'en enfuir !

Aprés la libération

Aprés le ralliement de l'île, comme ailleurs, les photographies du maréchal Pétain disparaissent des mairies et divers textes répressifs vichyssois sont abrogés.
Le 15 mars 1943, une ordonnance rétablit la légalité républicaine dans la colonie.
Dès son discours du 29 Novembre 1942, le gouverneur Capagorry prône l'oubli des fautes passées. Manquant de personnel, il maintient en poste les responsables de l'administration d'Aubert; ,
seule une poignée de fonctionnaires et de militaires fait ensuite l'objet de sanctions. Les principales victimes du régime pétainiste obtiennent réparations: des fonctionnaires sont réintégrés, les francs maçons sont indemnisés.
 
Dans une lettre officielle en date du 16 Avril 1945, le gouverneur Capagorry rejette l'idée de collaboration à propos d'une île épargné par l'occupation.
 
 
 
 
Mairice Samat
 
 

 Né le 10 février 1901, décédé le 9 juillet 1988 à Nice (Alpes- Maritimes).

 A la mort de son père, l’un des premiers importateurs de voitures à la Réunion, il reprend les affaires. Parallèlement à ses activités professionnelles, il est aussi un passionné de l’aviation, pilote et moniteur.

En juillet 1933, il fait l’acquisition d’un avion de tourisme en Métropole et le ramène à la Réunion. Ainsi, un aéronef arrive et le 10 août, l’appareil marque par sa présence la naissance officielle de l’aéro-club Roland Garros. 

 

Lorsque éclate la Seconde Guerre mondiale, il se rallie aux Forces françaises libres. Le 28 octobre 1940, il quitte clandestinement la Réunion à bord d’une goélette de vingt-cinq tonneaux, la “Bétrice”, avec pour destination l’île Maurice et de là, Londres, où il s’engage dans la Royal Air Force. Il sera, pour cela, déchu de la nationalité française par le Maréchal Pétain.

Distinction

Un monument art déco a été érigé à l’île Maurice, à Mont Choisy, pour commémorer le premier vol entre la Réunion et Maurice par les aviateurs français Maurice Samat et Paul-Louis le Merle.

 


Réagir


CAPTCHA